Agence de traduction Lyon : Pas si facile de bien faire localiser (traduire) son jeu vidéo !

Pas si facile de bien faire localiser (traduire) son jeu vidéo !

Pourquoi traduire un jeu ?



L’arrivée des jeux d’action et d’aventure a complètement changé la façon de jouer : il ne suffit plus de savoir ce que le mot « Start » signifie pour pouvoir jouer, comme c’était le cas dans les tout premiers jeux. Sans traduction, même s’il n’est pas impossible de passer au niveau suivant, le manque d’informations dans sa langue maternelle complique la compréhension et la possibilité de réussir une partie.

 

La traduction est donc incontournable. Pour pouvoir diffuser les jeux vidéo dans le monde entier, il faut en localiser le contenu, c’est-à-dire traduire les instructions, l’interface utilisateur (ce que le joueur voit à l’écran) et les dialogues, pour qu’un joueur en Argentine, en France ou en Australie, ait la même expérience qu’un joueur au Japon.

 

Traduire le contenu d’un jeu vidéo n’est pas chose aisée. Il ne suffit pas de simplement transcrire le contenu ou les dialogues, il faut les adapter au public cible, pour pouvoir attirer davantage de joueurs… et donc accroître le chiffre d’affaires.

 

Un autre facteur revêt une importance capitale et explique ainsi pourquoi on parle de « localisation » de jeux vidéo et non de « traduction » : les différences culturelles doivent être analysées et résolues pour convaincre les joueurs. C’est pourquoi il faut parfois « modifier » l’histoire pour la rendre plus compréhensible par le public cible. Si les contraintes de limites de caractères le permettent, le traducteur peut même inclure une description afin d’aider le joueur à comprendre l’histoire et ainsi atteindre la fin du jeu. Par exemple, au lieu de se contenter de transcrire « Samouraï » tel quel, le traducteur peut décider d’expliquer au joueur ce qu’est un Samouraï et écrire « Samouraï, guerrier japonais ».

 


La preuve par le contre-exemple

Square Enix, créateur de la célèbre série Final Fantasy qui a démocratisé les jeux vidéo de rôle japonais, a sorti en 1997 un des jeux vidéo les plus appréciés (plus de 10 millions d’exemplaires vendus) : Final Fantasy VII. Malheureusement, les joueurs européens et américains sont unanimes : la traduction est plus que médiocre. Dialogues incompréhensibles, objets ne correspondant pas à leur description, le jeu est truffé d’erreurs. Comment le géant des jeux vidéo a-t-il pu sortir des versions aussi mal traduites et mal localisées ?




Certes, les volumes de mots à localiser dans Final Fantasy VII sont importants, mais cet échec est sûrement dû à des délais trop serrés pour le lancement, au manque d’expérience pour la localisation de si grands volumes et, peut-être, aux problèmes de coordination des différentes équipes impliquées. Dommage que ce nom soit plus connu pour ses erreurs que pour son scénario ou pour ses avancées techniques !

 


Traductions en engrish

Avez-vous déjà entendu parler de l’engrish ? Le terme engrish désigne une « langue » caractérisée par l’interversion des lettres « r » et « l ». En japonais, en effet, ces deux lettres ont une prononciation très similaire. Les textes en engrish sont donc des textes incompréhensibles, rédigés en anglais par des personnes dont ce n’est pas la langue maternelle. Ces rédacteurs sont généralement d’origine japonaise, ou plus largement, des locuteurs de langues asiatiques. Comme les premiers jeux vidéo ont été traduits par des japonais en anglais, les exemples d’engrish ne manquent pas :
 

Pro Wrestling      A Winrar is you

A winner is you : cette célèbre phrase s’affichait à l’écran pour annoncer qui avait gagné la partie. Vous trouverez un nombre infini d’occurrences de cette phrase sur Internet.

 

Ninja Gaiden

Thank God your safe : cette phrase, tout droit sortie de Ninja Gaiden, illustre une erreur de grammaire courante en anglais. La traduction correcte aurait été « Thank God you are safe », ou « you’re safe ».

 

Gosthbusters

 

Conglaturation !!! You have completed a great game. And prooved the justice of our culture. Now go and rest our heros !  On retrouve trois types de fautes dans la traduction de cette phrase, extraite de Gosthbusters :

 

    Des fautes d’orthographe : inversion des « r » et des « l »
    Des fautes de grammaire : structure incorrecte de la phrase
    Une faute culturelle : notion culturelle inadaptée. En effet, l’appel à la justice est un trait culturel particulièrement caractéristique du Japon qu’il est maladroit de transposer dans un contexte anglo-saxon.

 


Conseils de conception pour l’optimisation de la traduction d’un jeu vidéo

Alors, comment concevoir au mieux un jeu vidéo pour en simplifier la localisation ?

La traduction est une activité humaine, et aucune activité humaine ne peut être exempte d’erreur : il est donc préférable de bien anticiper le processus de traduction, afin de disposer de suffisamment de temps pour réaliser les différents contrôles qualité et tests du jeu.

 

Il est également important de penser à la traduction en amont, même si l’on ne sait pas si le succès sera au rendez-vous. Aujourd’hui, grâce aux moyens numériques, un produit peut être distribué et utilisé à l’autre bout du monde en un clic. Il faut donc intégrer le processus de traduction et localisation dès le début.

 

Quelques exemples d’éléments à prendre en compte :

- Est-ce que le texte de l‘interface est facilement identifiable et se distingue aisément du reste du code ou des dialogues ?
- Est-ce que les dialogues ou les textes affichés se trouvent dans un même fichier ou est-ce que, au contraire, les différentes parties du texte constituant le jeu se trouvent dans différents fichiers ?

 

Même si ces questions vous semblent secondaires pour la création d‘un jeu, elles peuvent avoir une importance capitale lors de la localisation.

 

En effet, pour un linguiste, le fait de devoir traduire un texte morcelé alors qu’il n’a pas accès au jeu est chronophage et presque mission impossible. En outre, ce morcellement peut nuire sensiblement à la cohérence. Imaginez que vous devez traduire le contenu d’un jeu auquel vous n’avez pas accès, sans disposer d’informations sur les personnages ni sur l’histoire, dont les textes sont répartis dans plusieurs fichiers, dont l’ordre d’affichage des textes n’est pas indiqué et sans contexte. Seriez-vous capable de raconter à d’autres personnes ce qui se passe dans le jeu ?

 

Maintenant, imaginez que vous avez les dialogues dans un fichier et le texte de l’interface (boutons, options de menu, etc.) dans un autre, et qu’en plus, vous avez accès à des commentaires ou une description. Ne pourriez-vous pas raconter l’histoire de façon plus détaillée et imaginer ce qui se passe quand on joue, même sans avoir vu une seule image ?

 

Le premier cas se produit pourtant très fréquemment. La plupart du temps, les traducteurs doivent imaginer qui prononce chaque phrase d’un jeu ou à quoi fait référence un objet, car le jeu vidéo n’est pas encore finalisé quand la traduction est réalisée et, pour des raisons de confidentialité, aucune image n’est fournie comme référence... d’où l’importance de procéder à des tests avant de commercialiser un jeu…

 

Pour finir, prévoyez toujours de faire relire le texte source pour faciliter la tâche de traduction, car les erreurs de la langue source compliquent la traduction. Éliminez les phrases difficiles à comprendre et les erreurs de typographie ou d’orthographe…sauf bien sûr si cela fait partie du charme du jeu ! En effet, en anglais il est courant de rédiger les dialogues de certains personnages avec des fautes d’orthographe, pour caractériser un accent ou l’origine d’un personnage. Inutile donc de corriger ce type de fautes, puisqu’elles sont voulues !

 

Si cet article vous a plu et que vous souhaitez obtenir des conseils pour votre projet de localisation de jeu vidéo, n’hésitez pas à nous contacter.

 

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