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Écriture inclusive : comment ça fonctionne à l’échelle internationale

L’écriture inclusive désigne l’ensemble des attentions graphiques et syntaxiques permettant d’assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes. En pratique, ce procédé s’accompagne de nombreuses polémiques et il n’est pas toujours simple de savoir comment l’utiliser. Voici un tour d’horizon des différentes pratiques de rédaction inclusive à travers le monde.

Les spécificités de l’écriture inclusive en français

L’écriture inclusive soulève parfois des débats, notamment autour de l’utilisation du point médian (·) ou de l’entrée du pronom « iel » dans Le Robert. Cependant, il existe de nombreux moyens d’écrire de façon inclusive.

Dans les territoires francophones, le Québec se distingue pour son avant-gardisme sur la question par rapport à la France, les discussions autour de l’écriture inclusive ayant émergé dès les années 1980. Un point commun cependant : il n’y a pas encore unanimité quant aux règles à appliquer en la matière.

En langue française, il existe donc différents recours lorsque l’on souhaite rédiger de façon inclusive :

  • Le doublet : « toutes et tous », « les travailleurs et les travailleuses », qui permet d’inclure à la fois la forme féminine et la forme masculine. Il est également parfois recommandé de classer les termes genrés par ordre alphabétique pour ne pas forcément mettre la forme masculine en premier : « elles et ils », « les femmes et les hommes ».
  • Sa variante, le doublet abrégé : « le joueur/la joueuse », « l’expert(e) comptable », « les adjoint[e]s ».
  • Les tournures épicènes et les périphrases : « le personnel », « le corps enseignant », « la direction ».
  • Le recours au point médian : « les traducteur·trices », « les salarié·es ». Au clavier, pour saisir un point médian, il faut utiliser la combinaison de touche Alt + 0183 sur PC et ⌥ (option) + ⇧ (maj) + f sur Mac (promis, on prend vite le coup de main !).

 

Les spécificités de l’écriture inclusive dans d’autres langues

Les problématiques de la formation de l’écriture inclusive varient selon les langues.

En anglais, la langue est naturellement plus neutre, les noms étant non genrés. Les anglophones peuvent également utiliser « they » en tant que pronom personnel neutre singulier, ainsi que ses variantes « their » et « them » dans le cadre de formulations inclusives.

En allemand, il existe plusieurs façons d’écrire de façon non genrée. Les tournures neutres sont également utilisées, par exemple « Elternteil » pour « parent » au lieu de « vater » ou « mutter » (père/mère). Il est également possible d’utiliser les deux-points ou la majuscule pour former un mot qui inclut le genre féminin et le genre masculin : « Schüler:innen » ou « SchülerInnen » par exemple (qu’on pourrait traduire par « Étudiant·es »).

En espagnol, la formation de l’écriture inclusive est semblable à celle de la langue française. La mairie de Madrid a ainsi publié un guide sur l’écriture inclusive qui encourage l’utilisation des périphrases et des tournures épicènes, des doublets et de la voix passive pour éviter les tournures genrées. Par ailleurs, dans des cadres moins formels, on peut remarquer l’utilisation du « x » ou du signe « @ », par exemple dans l’expression « latinxs »/« latin@s ». Cette graphie ne fait pas partie des éléments recommandés par la mairie de Madrid, notamment parce qu’elle soulève plusieurs questions au niveau de la prononciation.

En italien, outre les tournures épicènes déjà mentionnées, on utilise en général l’astérisque (*) pour éviter les terminaisons genrées. Pour répondre au problème de la prononciation, on note aussi l’émergence de l’utilisation du symbole schwa (ə), voyelle centrale moyenne présente dans l’alphabet phonétique international.

Dans plusieurs langues, des pronoms neutres font également leur apparition, comme le « iel » en français, récemment entré dans le dictionnaire, ou encore « hen » en suédois, qui a également fait son entrée dans le dictionnaire de l’Académie suédoise en 2015. Ce dernier constitue un pronom non genré, contrairement à « han » (il) et à « hon » (elle).

 

Une application au cas par cas 

Bien évidemment, l’écriture inclusive n’est pas toujours adaptée à tous les types de contenus, notamment les interfaces logicielles et la documentation technique, car elle peut causer des problèmes de lisibilité. L’utilisation des doublets ou des tournures épicènes peut rendre les phrases plus longues, ce qui n’est pas compatible avec les éventuelles restrictions de caractères. De plus, le point médian n’est pas pris en charge par toutes les interfaces et peut ne pas s’afficher correctement. Il est donc essentiel de tenir compte de vos contraintes techniques avant de choisir l’approche à adopter.

Nous espérons que cet article vous aura aidé·e à y voir plus clair. Si vous souhaitez avoir recours à l’écriture inclusive pour la traduction de vos documents, n’hésitez pas à faire appel à Version Internationale, qui saura vous accompagner et vous conseiller dans votre démarche.

 

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