La traduction est presque aussi ancienne que la civilisation humaine. Depuis des siècles, elle permet aux individus et aux peuples de se comprendre, et donc de collaborer.
Mais malgré sa longévité, cette profession reste mal connue. De nombreuses idées reçues, souvent contre-productives, circulent encore, notamment sur le coût, les délais ou les nouvelles technologies.
Dans cet article, vous découvrirez :
- Pourquoi un bon traducteur fait bien plus que « remplacer des mots »
- Comment les IA ont changé la traduction (et leurs limites actuelles)
- En quoi investir dans une vraie traduction peut générer du ROI
Explorons ensemble ces idées reçues et voyons comment les éviter.
Idée reçue n°1 : Toute personne bilingue peut traduire
Réalité : Parler deux langues ne fait pas de vous un traducteur.
Dire qu’un bilingue peut traduire, c’est comme dire qu’un pianiste amateur peut interpréter un concerto sur scène. La traduction exige bien plus qu’une simple compréhension de deux langues : elle repose sur des compétences linguistiques avancées, une excellente maîtrise rédactionnelle, une connaissance approfondie du sujet traité, ainsi qu’une sensibilité culturelle fine.
Un traducteur professionnel sait adapter le ton, éviter les contresens, faire passer les nuances implicites du texte original, et rendre un texte fluide, naturel et percutant pour la cible. Cela s’apprend, se pratique, et se perfectionne sur plusieurs années.
En somme, être bilingue est un prérequis utile, mais largement insuffisant, pour traduire professionnellement et efficacement.
Idée reçue n°2 : Les ordinateurs peuvent désormais faire le travail des traducteurs
Réalité : L’IA aide, mais ne remplace pas le jugement humain.
La traduction automatique a énormément progressé ces dernières années grâce à l’IA et aux modèles neuronaux. Mais ses résultats restent inégaux, surtout dès que le contenu sort du langage courant : formulations techniques, jeux de mots, style marketing, contrats, communication institutionnelle, etc.
Un moteur de traduction n’a ni sens du contexte, ni compréhension des enjeux métiers, ni conscience des implications juridiques. Il ne fait que prédire la probabilité des mots, sans comprendre leur impact. Résultat : des textes parfois corrects, mais souvent absurdes, voire dangereux pour votre image ou vos résultats commerciaux.
C’est pourquoi de nombreuses entreprises utilisent aujourd’hui la post-édition (relecture et correction humaine d’une traduction automatique), un compromis entre productivité et qualité. Mais même cette méthode nécessite l’intervention d’un traducteur professionnel.
Idée reçue n°3 : Traduire, c’est seulement « remplacer un mot par un autre »
Réalité : Traduire, c’est reformuler du sens, pas des mots.
Si traduire se limitait à un remplacement mot à mot, les dictionnaires suffiraient. Mais toute langue a ses idiomes, ses références culturelles, ses implicites. Traduire fidèlement une expression comme « tomber des nues » ou « coq en pâte » exige de comprendre l’image, puis de trouver une formulation équivalente dans la langue cible.
Un bon traducteur ne se contente pas de traduire : il interprète le message, le transfère dans une autre culture, et adapte le ton et la structure au public cible. Il prend en compte l’objectif du texte (informer, convaincre, vendre), l’identité de la marque, les enjeux du support (print, web, mobile)… autant de paramètres que l’on ignore à ses risques et périls.
Idée reçue n°4 : Un traducteur peut traduire n’importe quel sujet
Réalité : La spécialisation est essentielle pour garantir la qualité.
Le langage médical, juridique, technique ou financier obéit à des règles très strictes. Une erreur de traduction peut avoir des conséquences juridiques, commerciales ou sanitaires graves. Traduire un contrat ou une notice de médicament ne s’improvise pas.
C’est pourquoi les traducteurs se spécialisent dans un ou deux domaines qu’ils maîtrisent parfaitement. Ils y développent une expertise terminologique et comprennent les enjeux métiers du client. Un traducteur marketing n’aura pas les bons réflexes pour traduire un rapport financier, et inversement.
En bref : pour chaque besoin, il existe un profil de traducteur adapté. À vous de choisir le bon partenaire.
Idée reçue n°5 : Traduction et interprétation, c’est la même chose
Réalité : Ce sont deux métiers très différents.
Le traducteur travaille sur des textes écrits, avec le temps de faire des recherches et de peaufiner son rendu. L’interprète, lui, travaille à l’oral, souvent en simultané, avec une réactivité immédiate, une concentration extrême et une excellente mémoire.
Les compétences requises sont donc très différentes, même si certains professionnels pratiquent les deux. L’interprétation demande aussi une capacité à restituer les idées à chaud, sans filet. Elle est essentielle dans les réunions internationales, les conférences, les procès…
Traduction ou interprétation : choisissez bien selon votre besoin.
Idée reçue n°6 : La traduction professionnelle coûte trop cher
Réalité : Ce qui coûte cher, c’est une mauvaise traduction.
Une mauvaise traduction peut vous coûter votre crédibilité, vos clients… voire vous exposer à des risques juridiques. Elle peut aussi ruiner vos efforts marketing à l’international.
Investir dans une traduction professionnelle, c’est garantir un texte clair, fiable, percutant qui vous ressemble et qui parle à vos publics. Le tarif couvre l’expertise, la rigueur, les outils pros, le temps de recherche, les relectures croisées, et l’engagement sur un résultat final prêt à l’emploi.
De nombreuses entreprises, après avoir sous-estimé l’importance d’une bonne traduction, doivent faire refaire leurs contenus, ce qui double le coût.
Idée reçue n°7 : Une traduction professionnelle prend trop de temps
Réalité : Un planning bien géré, c’est un délai maîtrisé.
Le mythe du traducteur lent est tenace. En réalité, un professionnel vous fournit un délai clair, réaliste, et tient ses engagements. Grâce aux outils de gestion de projet, aux mémoires de traduction, aux glossaires partagés et à des équipes spécialisées, il est même possible de gérer des projets multilingues complexes rapidement.
À l’inverse, faire appel à un amateur ou multiplier les relectures internes fait perdre du temps et retarde la mise en ligne ou la livraison.
Un bon prestataire vous fait gagner du temps ET de la sérénité.
Idée reçue n°8 : L’IA permet de traduire à moindre coût sans conséquences
Réalité : Le gain économique immédiat peut coûter très cher à long terme.
Oui, l’IA permet de produire rapidement une version traduite d’un texte. Mais sans intervention humaine, les erreurs, maladresses ou contresens passent inaperçus… jusqu’à ce qu’ils nuisent à votre réputation.
Dans un contexte B2B, juridique, médical ou institutionnel, une mauvaise tournure peut être interprétée comme un manque de professionnalisme. Sur un site e-commerce, une traduction maladroite peut faire fuir un acheteur en quelques secondes.
L’IA peut être une alliée, à condition d’être encadrée par des traducteurs qualifiés qui assurent la post-édition, la vérification, et la conformité du contenu final.
Idée reçue n°9 : Traduire n’a pas d’impact sur le ROI
Réalité : Une bonne traduction peut faire décoller vos conversions.
Adapter son contenu à la langue et à la culture du client cible, c’est mieux convaincre, mieux vendre, mieux fidéliser. De nombreuses études montrent que les utilisateurs préfèrent acheter sur des sites dans leur langue. Une traduction professionnelle augmente donc la confiance… et le chiffre d’affaires.
Pensez aussi SEO : un bon contenu multilingue bien localisé permet de gagner en visibilité dans chaque pays. Cela améliore votre positionnement naturel, réduit votre coût d’acquisition et augmente votre ROI global.
Idée reçue n°10 : On peut se passer de traducteur pour les “petits marchés”
Réalité : Chaque marché mérite une communication de qualité.
Penser qu’un marché est “trop petit” pour justifier une vraie traduction, c’est oublier qu’un message mal formulé ne convertit pas. Même un site secondaire ou une campagne e-mail mal traduits peuvent faire plus de mal que de bien.
Un message clair, fluide, adapté localement renforce votre image de marque, suscite la confiance, et peut générer de belles opportunités commerciales, même dans des marchés de niche.
FAQ — Idées reçues sur la traduction professionnelle
1. Est-ce qu’un collègue bilingue peut assurer nos traductions ?
Non, car parler deux langues ne suffit pas pour traduire professionnellement. Un traducteur formé possède des compétences rédactionnelles, terminologiques et interculturelles, ainsi qu’une maîtrise stylistique dans sa langue cible. Cela garantit un rendu fluide, fidèle et professionnel, adapté à vos enjeux métier.
2. Peut-on utiliser la traduction automatique sans relecture humaine ?
C’est fortement déconseillé. Même les outils les plus avancés comme DeepL ou Google Translate ne comprennent pas le contexte, le ton, ou les subtilités culturelles. Sans post-édition humaine, vous risquez des contresens, des maladresses ou des formulations qui nuisent à votre image de marque.
3. Quel est le délai moyen pour une traduction professionnelle ?
Cela dépend du volume, du domaine et des langues concernées. Un traducteur professionnel traduit généralement 2 000 à 2 500 mots par jour, hors relecture. Un bon LSP vous propose un délai réaliste, optimisé via des outils collaboratifs et une gestion de projet adaptée.
4. Combien coûte une traduction professionnelle ?
Le coût varie selon la combinaison linguistique, la complexité du texte, le délai et les volumes. Mais surtout, ce que vous payez, c’est une expertise : qualité rédactionnelle, conformité terminologique, cohérence de marque, et gain de temps. Une mauvaise traduction peut coûter bien plus cher à long terme.
5. Quelle est la différence entre traduction et localisation ?
La traduction consiste à transférer un texte d’une langue à une autre. La localisation, elle, va plus loin : elle adapte le contenu à la culture, aux normes, aux références et aux attentes du public cible. C’est indispensable pour les sites web, les produits numériques ou les contenus marketing.
6. Peut-on mesurer le ROI d’une traduction ?
Oui. Une traduction de qualité améliore la conversion, réduit les retours clients, renforce l’image de marque et facilite l’expansion internationale. Grâce à des indicateurs comme le taux de rebond, le panier moyen ou le temps passé sur la page, vous pouvez mesurer l’impact direct de vos contenus multilingues.
7. Faut-il faire appel à un traducteur différent pour chaque langue ?
Pas nécessairement. Un bon LSP dispose d’un réseau de traducteurs spécialisés natifs dans chaque langue cible, tous coordonnés via une gestion de projet centralisée. Cela garantit une qualité homogène et un respect des délais, même pour des projets multilingues complexes.
8. Comment choisir un bon prestataire de traduction ?
Vérifiez s’il propose :
- Des traducteurs natifs spécialisés
- Une double relecture humaine
- Une gestion de projet dédiée
- Des outils de mémoire de traduction
- Une certification (ISO 17100, par exemple)
Traduction Version internationale, certaines parties sont extraites du texte original « Debunking translation » publié dans le cadre de la campagne #DiscoverTranslation menée par l’Union Européenne pendant tout le mois de septembre 2020 afin de sensibiliser le grand public à l’industrie de la traduction. Article rafraichi depuis lors en fonction de l’actualité.
Besoin de savoir où vous en êtes ?
Voyons ensemble vos contenus multilingues. On évalue la qualité, la cohérence et les opportunités de conversion.